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Thème 1 : Qu'est-ce que le droit ?

Chapitre 1.3 : Les sources du droit

Identifier les sources écrites et non écrites du droit et leurs autorités créatrices, comprendre la complémentarité et la hiérarchie des normes (pyramide de Kelsen) et savoir qualifier juridiquement des faits.

45 min 7 exercices

Chapitre 1.3 : Les sources du droit

Thème 1 : Qu'est-ce que le droit ?

Objectifs du programme

À l'issue de ce chapitre, tu dois être capable de :

  • Identifier les sources du droit et les autorités qui les créent
  • Distinguer les différentes institutions
  • Expliquer la complémentarité et la hiérarchie des sources du droit
  • Qualifier juridiquement des faits

Les notions clés

  • Sources du droit : origines des règles juridiques
  • Sources écrites : Constitution, droit international et européen, loi, règlements
  • Sources non écrites : jurisprudence, coutume, conventions collectives
  • Hiérarchie des normes : pyramide de Kelsen
  • Qualification juridique des faits

Partie 1 : Identifier les sources du droit et les autorités créatrices

Sources du droit : ce sont les origines des règles juridiques. Elles permettent de savoir d'où viennent les règles de droit et quelles autorités ont le pouvoir de les créer. Autrement dit, ce sont les textes ou décisions qui fixent les droits et les obligations dans la société.

A. Les sources écrites

1. La Constitution est la norme suprême de l'État français (Constitution du 4 octobre 1958). Elle fixe l'organisation des pouvoirs publics (Président, Gouvernement, Parlement), les valeurs fondamentales (démocratie, laïcité, égalité, liberté) et les droits et libertés des citoyens. Le Conseil constitutionnel assure le contrôle de constitutionnalité : tout citoyen peut poser une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) pour contester une loi déjà votée.

2. Le droit international et européen s'impose à la France dès qu'il est ratifié. Le droit de l'Union européenne comprend le droit primaire (traités fondateurs : Traité de Rome, Traité de Lisbonne) et le droit dérivé : le règlement (applicable directement dans tous les États membres), la directive (fixe un objectif, chaque État adapte sa loi) et la décision (obligatoire pour ses destinataires). Exemple : le RGPD s'applique directement dans toute l'UE.

3. La loi est votée par le Parlement (Assemblée nationale + Sénat). Elle fixe des règles générales et impersonnelles : Code du travail, Code civil, Code pénal. La loi doit toujours respecter la Constitution et les traités.

4. Les règlements précisent ou complètent les lois. Le décret est pris par le Président ou le Premier ministre ; l'arrêté est pris par un ministre, un préfet ou un maire.

B. Les sources non écrites

1. La jurisprudence : l'ensemble des décisions rendues par les tribunaux. Elle interprète la loi lorsqu'elle est floue ou incomplète. La Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, assure l'unité du droit.

2. La coutume : une règle non écrite issue d'usages répétés, qui devient obligatoire si elle est constamment suivie et acceptée. Exemple : le paiement à 30 jours après livraison dans le commerce.

3. Les conventions et accords collectifs : ils résultent d'une négociation entre employeurs et syndicats et adaptent le droit du travail à un secteur (salaires, congés, durée du travail). Exemple : la convention collective de la métallurgie.

Les deux grandes familles de sources du droit

📜Sources écrites1. La ConstitutionNorme suprême (4 oct. 1958)2. Droit international et UETraités, règlements, directives3. La loiVotée par le Parlement4. Les règlementsDécrets et arrêtés🗣Sources non écrites1. La jurisprudenceDécisions des tribunaux(Cour de cassation, Conseil d'État)2. La coutumeUsages répétés et acceptés3. Conventions et accordscollectifs (employeurs/syndicats)Ex : convention de la métallurgie

Partie 2 : La complémentarité et la hiérarchie des sources du droit

A. Une complémentarité entre les sources

Le système juridique français repose sur la complémentarité entre les autorités : chaque niveau agit dans son domaine, en respectant les niveaux supérieurs.

Niveau d'autoritéRôle principalExemple
Union européenneÉdicte des règles communes (règlements, directives)RGPD
État / ParlementVote les lois applicables à tousLoi sur la bioéthique
GouvernementAdopte les règlements d'applicationDécret d'application d'une loi
JugeInterprète la loi et crée la jurisprudenceDécision de la Cour de cassation
Partenaires sociauxAdaptent la loi au terrain professionnelConvention collective du commerce

Le droit européen complète le droit national, les règlements précisent les lois, et les juges garantissent leur bonne application.

B. La hiérarchie des normes

Hiérarchie des normes : toutes les règles juridiques n'ont pas la même valeur. Elles sont organisées selon une pyramide, dite pyramide de Kelsen. Chaque norme doit respecter celle qui lui est supérieure (principe de conformité) : si ce n'est pas le cas, elle peut être annulée ou rendue inapplicable.

Le juge applique la hiérarchie des normes dans ses décisions : il veille à ce que les règlements soient conformes à la loi et à la Constitution. La Cour de cassation (France) et la CJUE (Union européenne) assurent une interprétation uniforme du droit. Exemple : si une loi française contredit un règlement européen, le juge applique le droit européen.

La hiérarchie des normes (pyramide de Kelsen)

ConstitutionTraités internationauxet droit de l'UELois(organiques et ordinaires)Règlements(décrets, arrêtés)Jurisprudence, coutume,accords collectifsvaleurla plusfortechaquenormerespectela supérieure

Partie 3 : Qualifier juridiquement des faits

À l'examen, la première question de l'épreuve de droit porte sur la qualification juridique des parties et des faits qui constituent le litige. Il s'agit d'analyser la situation pour la traduire en termes juridiques. Cette étape est indispensable : elle permet d'identifier le type de droit applicable (travail, commercial, civil, consommation...), puis les règles mobilisables, et enfin l'argumentation des parties.

Étape 1 : Je qualifie juridiquement les acteurs

On choisit le terme juridique adéquat pour décrire chaque acteur :

Dans la vie couranteQualification juridique
Un individuUne personne physique
Un individu de moins de 18 ansUn mineur
Une société, une associationUne personne morale
Une personne salariée subordonnéeUn salarié
Celui qui emploie un salariéUn employeur
Une personne qui achète un bien de consommationUn consommateur
Une personne dont le métier est de vendreUn professionnel
Celui qui saisit le jugeLe demandeur
Celui qui est assigné en justiceLe défendeur
Une personne qui subit un dommageUne victime
Une personne qui cause un dommageL'auteur du dommage

Attention : un acteur peut recevoir plusieurs qualifications (un adolescent est à la fois une personne physique et un mineur). On retient celles utiles au contexte.

Étape 2 : Je qualifie les évènements à l'origine du litige

Dans la vie couranteQualification juridique
Une personne s'oblige envers une autreUn contrat
Relation de travail subordonnéeUn contrat de travail
Relation entre un consommateur et un professionnelUn contrat de consommation
Élément subi qui cause un préjudiceUn dommage

Étapes 3 et 4 : Je retranscris puis je rédige

Je traduis la situation en termes juridiques, puis je rédige en trois paragraphes : (1) je présente les parties et le problème de droit ; (2) je détaille les évènements à l'origine du litige ; (3) j'introduis la demande et la réponse du défendeur. Je ne donne jamais mon avis : la qualification est destinée au juge, elle doit être synthétique et neutre.