Compétences visées (B.O. du 15 février 2018, annexe I)
- Identifier les principaux agents économiques en relation avec l’entreprise et leurs rôles (ménages, entreprises, banques, État).
- Présenter le fonctionnement des marchés sur lesquels intervient l’entreprise.
- Repérer l’existence d’externalités pour l’entreprise.
Savoirs associés
Les agents économiques et leurs rôles · Les échanges entre les agents · Le rôle du marché et son fonctionnement · La concurrence et les relations de coopération · Les barrières à l’entrée · L’asymétrie de l’information · Les externalités positives et négatives · Le rôle des banques et du marché financier.
0 Mise en situation : VéloCité 78
VéloCité 78 est une SAS créée en 2021 aux Mureaux (Yvelines) par Nadia Benali, ancienne commerciale dans la distribution sportive. L’entreprise vend des vélos à assistance électrique (VAE) neufs et reconditionnés, propose un atelier de réparation et loue des vélos à la journée. Elle emploie 8 salariés, dont 3 vendeurs et 2 mécaniciens.
Ses clients sont d’abord des particuliers du Val-de-Seine, mais depuis 2024 elle équipe aussi des entreprises qui souhaitent proposer une flotte de vélos à leurs salariés, ainsi qu’une communauté d’agglomération pour ses agents. Elle achète ses vélos neufs auprès de trois marques européennes et ses pièces détachées auprès d’un grossiste.
En 2025, VéloCité 78 a réalisé un chiffre d’affaires de 1,4 million d’euros. Pour ouvrir un second magasin à Poissy, Nadia Benali a obtenu un prêt bancaire de 60 000 € sur 5 ans. Elle s’inquiète toutefois : ses clients particuliers hésitent davantage depuis quelques mois, une grande enseigne de sport a ouvert un rayon VAE à 10 minutes en voiture, et des sites de vente en ligne cassent les prix. Elle se demande aussi si elle doit continuer à vendre des vélos reconditionnés, certains clients craignant d’acheter « un vélo dont on ne connaît pas l’histoire ».
Source : Cas construit pour le cours, d’après des situations réelles d’entreprises de la vallée de la Seine.
Tout au long du chapitre, vous répondrez aux questions en vous appuyant sur les documents ET sur la situation de VéloCité 78. C’est exactement ce qui vous sera demandé à l’examen : une notion du cours doit toujours être reliée au cas concret de l’entreprise étudiée.
1 Les agents économiques et leurs échanges
1.1 Qui sont les agents économiques ?
Agent économique : individu ou organisation qui prend des décisions économiques (produire, consommer, épargner, investir, prélever, redistribuer). La comptabilité nationale regroupe les agents en grandes catégories selon leur fonction principale.
Entreprise (société non financière) : produit des biens et des services marchands, c’est-à-dire vendus à un prix qui couvre au moins les coûts de production. Sa ressource principale est le chiffre d’affaires.
Ménage : ensemble des personnes vivant sous le même toit. Sa fonction principale est de consommer ; sa ressource principale est le revenu (salaires, revenus du patrimoine, prestations sociales).
Banque (société financière) : collecte l’épargne, accorde des crédits et gère les moyens de paiement. Elle finance l’économie.
État (administrations publiques) : produit des services non marchands (éducation, sécurité, justice), redistribue les revenus et fixe les règles. Ses ressources sont les impôts et les cotisations sociales.
On ajoute souvent les associations (services non marchands aux ménages) et le reste du monde (tous les agents étrangers avec lesquels le pays échange).
| Agent | Fonction principale | Ressource principale | Exemple |
|---|---|---|---|
| Entreprises (sociétés non financières) | Produire des biens et services marchands | Chiffre d’affaires | VéloCité 78, Renault, une boulangerie |
| Ménages | Consommer, épargner | Revenus (salaires, patrimoine, prestations) | Une famille des Mureaux, un étudiant en BTS |
| Sociétés financières | Financer l’économie (crédits, épargne, assurance) | Intérêts, commissions, primes | Crédit Agricole, BNP Paribas, AXA |
| Administrations publiques | Produire des services non marchands, redistribuer, réguler | Impôts, cotisations sociales | État, Région Île-de-France, Sécurité sociale |
| Associations (ISBLSM) | Services non marchands aux ménages | Cotisations, dons, subventions | Restos du Cœur, club de vélo local |
| Reste du monde | Échanger avec les agents nationaux | Exportations, importations | Fabricant de vélos allemand, client belge |
Source : D’après l’INSEE, secteurs institutionnels de la comptabilité nationale.
1.2 Le circuit économique : comment les agents échangent-ils ?
Circuit économique : représentation simplifiée des échanges entre les agents économiques. Chaque échange donne lieu à deux flux de sens opposé :
- un flux réel : le bien, le service ou le travail qui circule (un vélo livré, une heure de travail effectuée) ;
- un flux monétaire : la somme d’argent qui le paie (le prix du vélo, le salaire).
Toute dépense d’un agent est une ressource pour un autre : la consommation des ménages est le chiffre d’affaires des entreprises, qui versent des salaires aux ménages et des impôts à l’État, qui verse des prestations aux ménages, etc. C’est pourquoi on parle de circuit : l’économie est un système où tout est lié.
| Échange | Flux réel | Flux monétaire |
|---|---|---|
| Ménage → Entreprise | Force de travail (heures travaillées) | Salaire versé par l’entreprise |
| Entreprise → Ménage | Biens et services vendus | Dépense de consommation |
| Entreprise → Entreprise | Biens intermédiaires, équipements, prestations | Achats (consommations intermédiaires, investissement) |
| Ménage / Entreprise → État | Services publics reçus | Impôts et cotisations versés |
| État → Ménage | Services non marchands (école, hôpital) | Prestations sociales, salaires des fonctionnaires |
| Ménage → Banque | Épargne déposée | Intérêts reçus |
| Banque → Entreprise | Crédit accordé | Remboursement + intérêts |
| Reste du monde ↔ Entreprise | Importations / exportations | Paiements en devises ou en euros |
Source : Schéma de synthèse construit pour le cours.
Chaque double flèche porte deux flux de sens opposé : un flux réel et le flux monétaire qui le paie.
Lecture : la première ligne de chaque encadré indique le flux réel, la seconde le flux monétaire correspondant.
Le circuit économique
Film d’animation de la Cité de l’Économie (Banque de France) : comment se succèdent dépense, production et répartition des revenus. Durée : 4 min.
Le circuit économique simplifié
Vidéo pédagogique (YouTube) reprenant les flux entre ménages, entreprises et État. À regarder avant la séance 2.
Le 10 septembre 2026, l’INSEE a publié sa note de conjoncture de rentrée, intitulée « Vigilance orange sur la croissance ». L’institut abaisse sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % en juin, après une hausse de 0,9 % en 2025. Selon l’INSEE, la France « décroche » par rapport à ses voisins de la zone euro, dont la croissance serait trois fois plus élevée.
Les trois moteurs de la demande intérieure sont au ralenti. La consommation des ménages ne progresserait que de 0,3 % sur l’année, freinée par un pouvoir d’achat en recul de 0,4 % (inflation à 2,4 % en août, attendue à 2,9 % en fin d’année, baisse de l’emploi salarié). L’investissement des entreprises reculerait de 0,3 %, pénalisé par des perspectives de demande dégradées et par un coût du capital en hausse. L’investissement des ménages (logement) chuterait de 1,3 %. Le taux de chômage atteindrait 8,6 % en fin d’année.
Seule éclaircie : l’INSEE prévoit une reprise timide au second semestre (+0,1 % au troisième trimestre, +0,2 % au quatrième), après un premier trimestre en recul de 0,2 % et un deuxième trimestre stable.
Source : D’après INSEE, Note de conjoncture du 10 septembre 2026, et presse économique (Les Échos, franceinfo).
Identifiez dans la mise en situation les agents économiques avec lesquels VéloCité 78 est en relation, en précisant à quelle catégorie chacun appartient.
Expliquez la différence entre un flux réel et un flux monétaire en prenant deux exemples tirés de la situation de VéloCité 78.
Représentez sous forme de tableau (ou de schéma) le circuit économique de VéloCité 78 : pour chaque agent en relation avec l’entreprise, indiquez le flux réel et le flux monétaire.
Analysez les conséquences possibles de la conjoncture décrite dans le document 3 pour VéloCité 78, en distinguant ses clients particuliers et ses clients entreprises.
2 Le marché : lieu de rencontre de l’offre et de la demande
2.1 Le rôle du marché et la formation du prix
Marché : lieu, réel ou virtuel, de rencontre entre une offre et une demande, qui aboutit à la fixation d’un prix et d’une quantité échangée. Une entreprise intervient sur plusieurs marchés : marché des biens et services (elle vend), marché du travail (elle embauche), marché des capitaux (elle se finance).
Demande : quantité d’un bien que les acheteurs sont prêts à acquérir pour chaque niveau de prix. Elle diminue quand le prix augmente.
Offre : quantité que les vendeurs sont prêts à proposer pour chaque niveau de prix. Elle augmente quand le prix augmente.
Prix d’équilibre : prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée. Si le prix est trop haut, il y a des invendus (excès d’offre) et le prix baisse ; s’il est trop bas, il y a pénurie (excès de demande) et le prix monte. Le prix joue donc un rôle de signal qui coordonne les décisions de milliers d’agents sans autorité centrale.
| Prix de vente (€) | Quantité demandée (vélos / mois) | Quantité offerte (vélos / mois) |
|---|---|---|
| 1 200 | 140 | 40 |
| 1 500 | 110 | 70 |
| 1 800 | 90 | 90 |
| 2 100 | 65 | 115 |
| 2 400 | 45 | 140 |
Source : Données pédagogiques simplifiées.
Quand une marque lance un nouveau modèle très demandé, les stocks se vident et les vendeurs ne font plus de remise : le prix effectif monte. À l’inverse, en fin de saison ou quand des sites en ligne écoulent des surplus, les prix chutent. Le marché du VAE illustre bien l’ajustement par les prix : entre 2021 et 2023, la forte demande a soutenu les prix ; depuis, le ralentissement de la demande et les stocks accumulés par les fabricants ont provoqué des baisses de prix importantes.
2.2 Concurrence, coopération et barrières à l’entrée
Concurrence : situation dans laquelle plusieurs offreurs se disputent les mêmes clients. Elle peut porter sur le prix ou sur d’autres éléments (qualité, service, image, délais). Plus les offreurs sont nombreux et les produits comparables, plus la concurrence est intense et plus le pouvoir de fixer le prix est faible.
Coopération : relation dans laquelle des entreprises, parfois concurrentes, s’associent pour un objectif commun : groupement d’achats, franchise, partenariat, alliance, sous-traitance. Elle permet de partager des coûts, des compétences ou des clients. Le droit de la concurrence interdit en revanche les ententes sur les prix.
Barrières à l’entrée : obstacles qui rendent difficile l’arrivée d’un nouveau concurrent sur un marché : capital nécessaire, réglementation, brevets, notoriété des marques installées, accès aux réseaux de distribution, économies d’échelle des grandes entreprises. Des barrières élevées protègent les entreprises en place ; des barrières faibles rendent le marché très concurrentiel.
Sur le marché du VAE, un magasin indépendant comme VéloCité 78 affronte des concurrents très différents : les grandes enseignes de sport et de bricolage, qui achètent en gros volumes et obtiennent des prix bas ; les marques qui vendent directement en ligne (vente directe, sans intermédiaire) ; les magasins spécialisés voisins ; et, sur le reconditionné, les plateformes entre particuliers. La concurrence ne se joue pas seulement sur le prix : les indépendants mettent en avant le conseil, l’essai, l’entretien et la proximité.
Face à cette pression, les indépendants coopèrent. Beaucoup rejoignent des réseaux ou des franchises qui négocient les achats, mutualisent la communication et proposent une marque commune. D’autres nouent des partenariats avec des employeurs (forfait mobilités durables), des assureurs ou des collectivités. Certains fabricants, eux, s’allient pour partager le développement de moteurs et de batteries.
Ouvrir un magasin de vélos reste accessible (un local, un stock, une compétence mécanique), mais les barrières à l’entrée se renforcent : un stock de VAE de qualité représente plusieurs dizaines de milliers d’euros, les marques exigent souvent des conditions pour distribuer leurs produits, la réglementation sur les batteries se durcit, et les grandes enseignes bénéficient d’économies d’échelle qu’un indépendant ne peut pas égaler.
Source : Synthèse rédigée pour le cours à partir de la presse spécialisée cycle et de témoignages de commerçants.
Déterminez à partir du document 4 le prix et la quantité d’équilibre sur ce marché local. Expliquez ce qui se passe si le prix est fixé à 2 400 €.
Classez les concurrents de VéloCité 78 cités dans les documents A et 5 selon qu’ils rivalisent principalement par les prix ou par d’autres éléments (services, conseil, proximité).
Montrez pourquoi la coopération peut être une réponse à la concurrence pour VéloCité 78, et identifiez une limite juridique à cette coopération.
Justifiez si, selon vous, les barrières à l’entrée sur le marché du vélo électrique protègent VéloCité 78 ou la fragilisent.
3 Les limites du marché et le rôle du financement
3.1 L’asymétrie d’information
Asymétrie d’information : situation dans laquelle, lors d’un échange, l’une des parties dispose de plus d’informations que l’autre sur le bien, le service ou le risque. Le vendeur d’un véhicule d’occasion connaît son état réel, l’acheteur non ; l’emprunteur connaît sa situation, la banque moins bien ; l’assuré connaît ses habitudes, l’assureur non.
Conséquence : la méfiance des acheteurs peut faire disparaître les bons produits du marché (les « lemons » de l’économiste George Akerlof, prix Nobel 2001) : si l’acheteur ne peut pas distinguer un bon vélo d’occasion d’un mauvais, il n’accepte qu’un prix moyen bas, les vendeurs de bons vélos se retirent et seuls les mauvais restent.
Solutions : signaux de qualité (garantie, label, certification, avis clients, marque), contrôle par un tiers (contrôle technique, expert), obligations légales d’information (le droit impose au vendeur professionnel un devoir d’information et une garantie légale de conformité).
Le marché du vélo électrique d’occasion se développe, mais il souffre d’un problème de confiance. La batterie, qui représente jusqu’à un tiers de la valeur du vélo, peut avoir perdu une part importante de sa capacité sans que cela se voie. Un particulier qui achète sur une plateforme entre particuliers n’a aucun moyen de le vérifier avant d’acheter, ce qui tire les prix vers le bas et décourage les vendeurs de vélos bien entretenus.
Les professionnels du reconditionné répondent en produisant de l’information : diagnostic de la batterie avec un rapport chiffré, liste des pièces remplacées, garantie commerciale de 12 mois en plus de la garantie légale de conformité, historique d’entretien. Certains réseaux ont créé un label « reconditionné certifié ». Ces signaux ont un coût, mais ils permettent de vendre plus cher qu’un particulier et de fidéliser.
Source : Synthèse rédigée pour le cours à partir de la presse spécialisée et des pratiques des reconditionneurs.
3.2 Les externalités
Externalité : effet de l’activité d’un agent sur le bien-être d’un autre agent, sans que cet effet soit compensé par un prix ou une transaction. Le marché ne « voit » pas les externalités, il faut donc souvent que l’État intervienne.
- Externalité négative : l’activité impose un coût à des tiers sans les dédommager. Exemples : pollution d’une usine, bruit d’un aéroport, embouteillages.
- Externalité positive : l’activité procure un avantage à des tiers sans être payée pour cela. Exemples : un jardin fleuri qui profite aux voisins, une formation qui profite aux futurs employeurs, la vaccination.
Réponses : taxer les externalités négatives (principe pollueur-payeur, taxe carbone), réglementer (normes), subventionner les externalités positives (aides, crédits d’impôt), ou créer des marchés (quotas d’émission de CO2 échangeables).
Quand un habitant des Mureaux remplace ses trajets en voiture par des trajets en vélo électrique, il ne profite pas seul de ce choix. Les autres usagers de la route gagnent un peu de fluidité ; les riverains respirent un air moins pollué ; le système de santé économise sur des maladies liées à la sédentarité et à la pollution ; la collectivité use moins ses routes. Personne ne le rémunère pour ces bénéfices : ce sont des externalités positives.
C’est pour cette raison que les pouvoirs publics ont longtemps subventionné l’achat de vélos électriques (bonus national jusqu’en février 2025, aides locales dans certaines collectivités), financé des pistes cyclables et créé le forfait mobilités durables, que l’employeur peut verser à ses salariés venant à vélo. À l’inverse, la circulation automobile en ville génère des externalités négatives (pollution, bruit, accidents) que l’État cherche à faire payer par des taxes sur les carburants ou des zones à faibles émissions.
Source : Synthèse rédigée pour le cours ; sur le bonus vélo, d’après le ministère de la Transition écologique.
3.3 Le rôle des banques et du marché financier
Financement de l’économie : les entreprises ont besoin de capitaux pour investir (machines, locaux, stocks). Elles se financent par leurs propres ressources (autofinancement) ou en faisant appel à des agents à capacité de financement (ménages épargnants) par deux voies.
- Financement indirect (intermédié) : la banque collecte l’épargne des ménages et prête aux entreprises. Elle se rémunère par le taux d’intérêt, qui dépend notamment du taux directeur fixé par la Banque centrale européenne (BCE) et du risque de l’emprunteur. C’est la voie principale des PME.
- Financement direct (marché financier) : l’entreprise émet des titres achetés directement par les épargnants : des actions (parts de propriété, donnant droit à des dividendes) ou des obligations (titres de dette, donnant droit à des intérêts). Cette voie est surtout accessible aux grandes entreprises cotées en Bourse.
Le rôle des banques va au-delà du crédit : elles gèrent les paiements (cartes, virements, terminaux), sélectionnent les projets (elles réduisent l’asymétrie d’information en analysant les dossiers) et créent de la monnaie lorsqu’elles prêtent.
Pour ouvrir son magasin de Poissy, Nadia Benali a évalué son besoin à 90 000 € : 35 000 € de travaux et d’aménagement, 45 000 € de stock initial, 10 000 € de trésorerie de démarrage. Elle a mobilisé 30 000 € d’autofinancement (bénéfices mis en réserve depuis 2021) et emprunté 60 000 € sur 5 ans auprès de sa banque, au taux de 4,6 %. La banque a exigé un prévisionnel sur trois ans, les bilans des exercices passés et une garantie personnelle de la dirigeante.
Nadia Benali a écarté l’ouverture du capital à un investisseur, qui aurait apporté des fonds sans remboursement mais en échange d’une part de la propriété et des décisions. Une introduction en Bourse est hors de portée pour une entreprise de cette taille. Elle a en revanche noté que la remontée du coût du capital signalée par l’INSEE renchérit son crédit : au taux de 2024, la même somme lui aurait coûté environ 3 000 € d’intérêts de moins sur la durée du prêt.
Source : Cas construit pour le cours.
Ne confondez pas action et obligation. L’actionnaire est propriétaire d’une partie de l’entreprise : il n’est pas remboursé, il touche un dividende si l’entreprise fait des bénéfices et il participe aux décisions. L’obligataire est un prêteur : il est remboursé à l’échéance et touche un intérêt fixé d’avance, mais n’a aucun pouvoir dans l’entreprise.
Expliquez en quoi la vente de vélos reconditionnés entre particuliers est une situation d’asymétrie d’information, et quelle en est la conséquence sur les prix.
Proposez à Nadia Benali trois moyens concrets, tirés du document 6 et du cours, pour continuer à vendre des vélos reconditionnés malgré la méfiance de certains clients.
Analysez pourquoi l’État a intérêt à soutenir l’activité de VéloCité 78 alors qu’il ne soutient pas de la même façon un concessionnaire automobile. Utilisez la notion d’externalité.
Appréciez le choix de financement de Nadia Benali (autofinancement + emprunt bancaire) par rapport à l’ouverture du capital à un investisseur, en présentant un avantage et une limite de chaque solution.
4 Synthèse du chapitre
L’entreprise n’est jamais isolée : elle échange en permanence avec des ménages (clients et salariés), d’autres entreprises (fournisseurs, clients, concurrents, partenaires), des banques (financement, paiements) et l’État (impôts, règles, services publics, aides). Chaque échange combine un flux réel et un flux monétaire ; l’ensemble forme le circuit économique, dans lequel la dépense des uns est le revenu des autres. C’est pourquoi la conjoncture (croissance, inflation, chômage, pouvoir d’achat) se répercute directement sur l’activité d’une PME.
Ces échanges se réalisent sur des marchés, où la confrontation de l’offre et de la demande fixe un prix d’équilibre qui sert de signal à tous les agents. Sur un marché, l’entreprise subit la concurrence (par les prix ou hors prix) mais peut aussi coopérer (réseaux, groupements, partenariats) dans les limites du droit de la concurrence. Les barrières à l’entrée déterminent l’intensité de cette concurrence.
Le marché a toutefois des limites. L’asymétrie d’information dégrade la confiance et les prix ; l’entreprise y répond par des signaux (garantie, label, information) et le droit par des obligations. Les externalités, positives ou négatives, échappent au marché et justifient l’intervention de l’État (taxes, subventions, normes). Enfin, l’entreprise dépend du système financier pour investir : financement indirect par les banques pour les PME, financement direct sur le marché financier (actions, obligations) pour les grandes entreprises, avec un coût du capital influencé par la politique de la BCE.
Schéma bilan
L’entreprise et ses partenaires
- Ménages : clients (consommation) et salariés (travail contre salaire)
- Entreprises : fournisseurs, clients B to B, concurrents, partenaires
- Banques : crédit, épargne, paiements ; taux liés à la BCE
- État : impôts, règles, services publics, aides
- Reste du monde : importations, exportations
→ Circuit économique : flux réels + flux monétaires
Le marché et ses limites
- Marché : offre + demande → prix d’équilibre (signal)
- Concurrence : par les prix / hors prix ; barrières à l’entrée
- Coopération : réseaux, groupements, partenariats (pas d’entente)
- Asymétrie d’information : méfiance → signaux, garanties, droit
- Externalités : positives (subventions) / négatives (taxes, normes)
- Financement : indirect (banques) / direct (actions, obligations)
Répondre à une question de CEJM (épreuve E3)
Chaque question de l’épreuve attend une réponse construite et argumentée, jamais une simple citation du document. Adoptez le raisonnement en trois temps :
- La notion : définissez avec précision la ou les notions du cours mobilisées par la question (agent économique, externalité, asymétrie d’information...). Une définition juste rapporte des points même si la suite est fragile.
- L’application au cas : reliez la notion à la situation de l’entreprise étudiée, en citant les éléments précis des documents (chiffres, faits, décisions). C’est ici que la majorité des points se gagne.
- La conclusion : répondez explicitement à la question posée en une ou deux phrases. Si le verbe est « analysez », « justifiez » ou « appréciez », nuancez (avantages / limites, court terme / long terme).
Repérez toujours le verbe directeur : identifier, caractériser, expliquer, analyser, justifier, proposer, apprécier. Il indique le niveau de réponse attendu et le temps à y consacrer.
5 Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| Agent économique | Individu ou organisation qui prend des décisions économiques (produire, consommer, épargner, investir, redistribuer). |
| Asymétrie d’information | Situation d’échange dans laquelle une partie dispose de plus d’informations que l’autre sur le bien, le service ou le risque. |
| Autofinancement | Financement d’un investissement par les ressources propres de l’entreprise (bénéfices mis en réserve). |
| Barrière à l’entrée | Obstacle (capital, réglementation, brevets, notoriété, économies d’échelle) qui freine l’arrivée d’un nouveau concurrent sur un marché. |
| Circuit économique | Représentation simplifiée des flux réels et monétaires entre les agents économiques. |
| Concurrence | Rivalité entre offreurs pour attirer les mêmes demandeurs, par les prix ou hors prix (qualité, service, image). |
| Coopération | Association d’entreprises pour partager des moyens ou des objectifs (réseau, groupement, franchise, partenariat, alliance). |
| Demande | Quantité d’un bien que les acheteurs souhaitent acquérir à chaque niveau de prix ; elle diminue quand le prix augmente. |
| Externalité | Effet de l’activité d’un agent sur un autre agent sans compensation par un prix ; positive si elle apporte un avantage, négative si elle impose un coût. |
| Financement direct / indirect | Direct : l’entreprise émet des titres (actions, obligations) achetés par les épargnants sur le marché financier. Indirect : une banque sert d’intermédiaire entre épargnants et emprunteurs. |
| Flux réel / flux monétaire | Flux réel : circulation d’un bien, d’un service ou du travail. Flux monétaire : paiement correspondant, en sens inverse. |
| Marché | Lieu réel ou virtuel de rencontre entre une offre et une demande, aboutissant à un prix et à une quantité échangée. |
| Offre | Quantité d’un bien que les vendeurs proposent à chaque niveau de prix ; elle augmente quand le prix augmente. |
| Prix d’équilibre | Prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée. |
| Service marchand / non marchand | Marchand : vendu à un prix couvrant les coûts (entreprises). Non marchand : fourni gratuitement ou quasi gratuitement (État, associations). |
| Taux d’intérêt | Prix du crédit, exprimé en pourcentage annuel de la somme empruntée ; il dépend du taux directeur de la BCE et du risque de l’emprunteur. |